Broken by the Scream, entre J-pop et metal extrême
Broken by the Scream est un groupe japonais d’idol metal formé à Tokyo en 2016. Le groupe mêle mélodies J-pop, chorégraphies d’idols et sonorités issues du metal extrême.
Sa formation actuelle réunit quatre membres aux rôles vocaux complémentaires. Tsubaki Nanaougi et Shizuku Mikogami assurent principalement les chants clairs. Io Nozaki et Yayoi Takayashiki apportent les chants gutturaux.
Growls profonds et high screams viennent ainsi se mêler aux mélodies plus lumineuses du groupe. Cette dualité est devenue la signature de Broken by the Scream et de ses performances scéniques.
Broken by the Scream a trouvé son public à Paris
Le groupe d’idol metal, ou kawaii metal comme elles se décrivent, était de retour pour son deuxième passage à Paris. Dans la salle du Petit Bain, le groupe a rassemblé quelques centaines de fans au look métalleux le 1er août 2026. A leurs tenues étaient accrochés itabags, photocards et autres pins d’idols variés. Certains les voient pour la première fois, attirés par le petit buzz qu’elles continuent à créer sur la scène metal. D’autres les avaient déjà vues en 2024 à Japan Expo ou au festival Motocultor. Elles y avaient joué devant des milliers de fans de metal.
D’autres encore les suivent sur l’ensemble de leur tournée européenne estivale. Celle-ci a débuté à Helsinki fin juillet et finira devant une nouvelle grosse foule au Reload Festival.

Une fusion totale entre idol et metal
Ceux qui ne connaissent pas l’idol metal pourraient s’attendre à un mélange peu miscible. Ils pourraient aussi imaginer une séparation totale des rôles. Cette impression pourrait se confirmer une fois le groupe arrivé sur scène.
Tsubaki et Shizuku affichent franges d’idols et rubans. Elles sont en charge du chant clair. Io et Yayoi arborent wolf cuts et piercings. Elles sont spécialisées dans les chants gutturaux. Growls pour Io, high screams pour Yayoi.
Il n’en est pourtant rien, puisque Broken by the Scream propose une fusion totale de ses influences. Le concert démarre ainsi au quart de tour avec le duo de death growls de Io et Yayoi.
Les premières notes de <Koi Wa Otome No Nakidokoro> retentissent. Pendant ce temps, Tsubaki et Shizuku encouragent les fans à faire le signe des cornes. Le ton de la soirée est lancé. Puis arrivent les mélodies idol des deux chanteuses. Les quatre membres effectuent leur chorégraphie ensemble, avant que les chants gutturaux ne reprennent le dessus. Chaque chanson s’achève sur une pose à quatre des filles.




Une formule particulièrement efficace sur scène
Si les chansons n’en ressortent pas forcément distinctes, le style est efficace. Entre les sections hardcore, les deux chanteuses entonnent en chœur leurs paroles énergiques et sucrées. Elles créent cet arrangement vocal si caractéristique de la J-pop idol.
Le tout repose sur un arrangement musical fourni et agressif. Celui-ci est joué par un live band portant des masques de zombies. Les riffs intenses de ces derniers sont tout aussi communicatifs que les chants gutturaux. Les sourires radieux des filles participent également à cette énergie. Les fans proches de la scène la rendent en retour. On retrouve alors cette ambiance caractéristique des shows underground.
Tsuioku no Nazca, l’ovni musical de Broken by the Scream
Le point d’orgue arrive avec la dernière chanson officielle du set, <Tsuioku no Nazca>. Cet ovni musical est attendu par tous les fans. Le morceau avait créé le buzz l’année dernière, avant le retour en Europe de Broken by the Scream. Cette chanson de plus de 14 minutes s’affranchit complètement de toute structure traditionnelle. Elle change radicalement de tonalité, de tempo et de genre à plusieurs reprises. Les sections s’inspirent tour à tour du metal et du rock progressif. Le disco-funk, les show tunes et même la valse s’invitent également dans le morceau. C’est d’ailleurs cette dernière section qui surprend le plus le public découvrant le groupe.
Sur scène, les filles esquissent alors quelques pas de danse de salon. Elles repartent ensuite sur une nouvelle avalanche de chants gutturaux et de riffs déchaînés. Le tout débouche à nouveau sur le refrain entêtant de la chanson. Il s’agit probablement du refrain le plus mémorable de la setlist.
Un groupe de metal, et pas seulement un groupe d’idols
Cette dernière chanson met également en avant une nouvelle évidence. On a bien affaire ici à un band, un groupe de metal, et pas seulement à un groupe d’idols. <Tsuioku no Nazca> donne également la part belle aux trois musiciens.
Leurs membres évoluent, mais ils se font appeler collectivement le Zombie Band. Chacun possède une partie solo dans la chanson. Ce sont ensuite eux qui reviennent les premiers sur scène pour l’encore. Ils jouent alors un medley de classiques du metal. Une manière de rappeler que les instruments forment la base du metal, quel que soit son concept.
Le guitariste est particulièrement bon. J’ai appris depuis qu’il s’agit en fait d’Electro Sonar, fondateur du groupe et compositeur de toutes ses chansons. Certains pourraient encore douter de la compatibilité du monde idol manufacturé avec celui de la culture metal. Cette dernière est souvent considérée comme plus organique.
C’est notamment une critique régulièrement dirigée vers BABYMETAL, les fondatrices du genre. Broken by the Scream permet pourtant de dépasser ces appréhensions. C’est bien un membre du groupe qui compose la musique, même s’il n’en est pas le plus visible.
Ki・Ra・I !! et Yume Hanabi pour conclure le concert

Les filles reviennent ensuite sur scène pour <Ki・Ra・I !!> et <Yume Hanabi>. Ces deux chansons finales sont jouées sans chorégraphie et au plus près du public.
L’occasion d’avoir une dernière impression du charme pétillant de Tsubaki. Ou encore de l’incarnation girl crush qu’est Yayoi. De quoi ressortir du Petit Bain conquis. Broken by the Scream est clairement un groupe unique qui va continuer à trouver son public.
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