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K-pop et minorité : une industrie qui mise sur la jeunesse

Il est courant de voir des mineurs intégrer des groupes de K-pop. Mais comment la législation sud-coréenne encadre-t-elle leur activité dans une industrie aussi exigeante ? Entre textes de loi, groupes composés uniquement de jeunes artistes et controverses liées à leur exposition médiatique, découvrez les enjeux soulevés par la présence des mineurs dans le monde de la K-pop.

Côté législation

La loi coréenne encadre le travail des mineurs au sein des industries culturelles et des industries de divertissement comme celle de la K-pop. C’est dans la loi n°17 401 du « Popular Culture and Arts Industry Development Act«  du 09 juin 2020 que l’on retrouve les informations concernant les horaires de travail et le nombre d’heures maximales s’appliquant aux mineurs de plus et moins de 15 ans.

Pour les mineurs de moins de 15 ans :

La législation exige un temps de travail ne dépassant pas 35h par semaine. Il leur est interdit de travailler entre 22h et 6h du matin. Une exception peut être faite durant les périodes de vacances. Les mineurs, avec l’autorisation de leurs représentants légaux, pourront travailler uniquement jusqu’à minuit. Ces horaires ne s’appliquent pas dans les cas de voyages à l’étranger. Ces règles s’appliquent, bien entendu, sous condition que l’employeur garantisse le droit à l’éducation, au repos, etc…

Pour les mineurs de plus de 15 ans :

La législation exige un temps de travail n’excédant pas 40h par semaine. Avec l’accord des deux parties, le mineur peut travailler 1h de plus par jour et jusqu’à 6h de plus par semaine. Il leur est en revanche interdit de travailler entre 22h et 6h du matin. Cependant, avec l’autorisation des leurs représentants légaux, ces mineurs peuvent travailler sur ces créneaux horaires. Néanmoins, comme pour les mineurs de moins de 15 ans, ces horaires ne s’appliquent pas dans les cas de voyages à l’étranger. Ces règles s’appliquent, bien entendu, sous condition que l’employeur garantisse le droit à l’éducation, au repos, etc…

Les groupes de KPOP composés de mineurs

U.SSO GIRL

U.SSO GIRL est un groupe qui a débuté en 2017 sous le label Kids Planet. Ce girl groupe était à l’origine composé de sept membres, toutes alors âgés de 9 à 11 ans.

Découvrez le MV de leur debut song, GO GO Sing :

Parmi les membres, plusieurs ont ensuite quitté U.SSO GIRLS pour, plus tard, débuter dans d’autres groupes :

  • U.HA, aujourd’hui connue sous le nom de Rora, est membre du groupe Babymonster.
  • U.Jeong, aujourd’hui connue sous le nom de Hyein, est membre du groupe NewJeans.
  • U.E, devenue Kim Jiyeon, a intégré le groupe ON1 Rookies.
  • U.Bin, désormais nommée Park Subin, fait également partie de ON1 Rookies.

Na Haeun

Na Haeun fait sa première apparition télé à l’âge de 4 ans, dans le télécrochet StarKing où elle danse sur des chansons de HyunA.

C’est en 2018, à l’âge de 9 ans que Haeun sort son premier MV « So Special« . Son jeune âge suscite alors de nombreuses critiques ainsi que des inquiétudes de la part des internautes qui la trouve bien trop jeune pour débuter en tant qu’idole. L’agence clarifie la situation dans un communiqué stipulant ne s’agit pas d’un réel début mais seulement de la réalisation d’une chanson et d’une chorégraphie souhaitées par Haeun.

Après avoir signé chez SM Entertainment en 2022, Na Haeun est maintenant sous High Up Entertainment depuis 2024. Il serai donc très probable de la voir débuter prochainement dans un groupe ou encore en solo.

Redécouvrez son premier clip « So Special » :

La polémique autour du survival show « Under Fifteen »

Under 15 est un survival show organisé par la chaîne MBN. Comme son nom l’indique, les participants devaient être âgés de moins de 15 ans, avec des candidats allant jusqu’à 8 ans.
À l’image des autres émissions du genre, les gagnants étaient censés débuter dans un groupe à l’issue de la compétition.

Cependant, le très jeune âge des participants a rapidement suscité de vives critiques, tant de la part des internautes coréens que des internautes internationaux.
Prévu initialement pour le 31 mars 2025, le programme a finalement été annulé en raison des polémiques et de la réaction négative du public.

Des idoles de plus en plus jeunes ?

Dès les premières générations de K-pop, certains idoles débutaient alors qu’ils étaient encore mineurs, voire très jeunes (par exemple Taemin du groupe SHINee, qui a commencé sa carrière à seulement 14 ans).
Mais aujourd’hui, ne peut-on pas dire que les agences ont progressivement normalisé le fait de débuter si jeune ? On observe une tendance croissante à former des groupes avec des membres âgés de 14 ou 15 ans. Il arrive même que certaines formations soient quasiment entièrement composées de mineurs, comme le groupe féminin Burvey, qui a débuté en 2020 avec des membres âgés entre 12 et 14 ans.

Lorsqu’on compare la législation sud-coréenne à celle de la France, on constate que les idoles mineurs en Corée ont des charges de travail plus importantes que ce qui est autorisé en France pour des individus du même âge. Il n’est pas rare que certains d’entre eux soient amenés à manquer l’école en raison de leurs engagements professionnels. Par ailleurs, on observe une tendance croissante d’idoles ne passant pas le Suneung, l’examen national d’entrée à l’université à la fin du lycée. Par exemple pour le CSAT 2025 (le Suneung édition 2025), plus de cinq idols nées en 2006 ont exprimé publiquement leur intention de ne pas passer l’examen : Haerin (NewJeans), Kyujin (NMIXX), Eunchae (LE SSERAFIM), Sion (TripleS) et Hana (FIFTY FIFTY).

Ces débuts précoces impliquent souvent une entrée en formation, en tant que trainee, dès l’adolescence, parfois entre 11 et 13 ans. Cette période est généralement reconnue comme étant exigeante, à la fois physiquement et mentalement. Certaines agences peuvent mettre en place des programmes intensifs, comprenant des séances prolongées de danse et de chant, ainsi que des directives concernant l’apparence physique, comme des régimes ou d’autres exigences esthétiques.

Cela soulève la question de savoir si les mineurs trainees bénéficient de conditions adaptées à leur âge. Bien que des efforts aient été faits pour renforcer le cadre légal autour du travail des mineurs dans les industries culturelles, certains aspects restent en cours d’ajustement, afin de mieux s’adapter aux réalités du secteur.

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